Au Quick, quand on prend une pause pour déjeuner (c'est à dire vers 17 heures), on n'a pas le droit d'être en uniforme. Au placard la casquette, le polo rouge, le jean étanche et les chaussures anti-dérapantes : celui qui déjeune n'est qu'un simple client. Même s'il tutoie les serveurs, qu'il ne paye pas son repas et qu'il demande de "lancer un fondant" avant de commander. Puis quand on mange, on fait attention à ne pas renverser sa boisson, ne pas faire tomber de frites par terre, ne pas enketchuper la table et bien ranger son plateau après avoir versé puis tassé tout son contenu dans la plus vide des deux poubelles (au risque de paraître idiot aux yeux du client lambada lambda). Mais quand un voisin de table la quitte (la table) en y laissant son plateau, on se doit de le lui faire remarquer :
- Monsieur, votre plateau...
Après une brève pause permettant au terroriste (et je pèse mes mots...) de se retourner, de constater que le son provient bien du petit merdeux qui lui a servi de voisin de table et, en ayant rapidement calculé qu'il n'a qu'une chance sur un million de se tromper, de se lancer :
- Qu'est-ce qu'il y a ? Tu travailles ici ?
- Oui.
Honteux et confus, le client jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.
